Les tendances des prix de l'immobilier pour mars 2008

  • Le 19/03/2008 18:36:58
  • Ecrit par Marion

Évènement majeur sur la scène du crédit immobilier français, la parution du rapport sur la distribution des crédits de la Banque de France diminue l'impact de la crise des subprimes sur le marché du crédit immobilier français. Mieux, l'Observatoire des crédits aux ménages souligne une très bonne santé du secteur début 2008.

Tendance de la demande en crédit immobilier : stable

Selon le rapport mensuel de janvier de la BDF paru aujourd'hui, s'il y a eu baisse des demandes de crédit en 2007, celle-ci n'est pas imputable à la seule crise des subprimes, mais à une tendance baissière ayant débuté fin 2006. Parmi les raisons mises en avant par l'établissement bancaire pour expliquer ce ralentissement, quatre retiennent l'attention :

  • Les taux de rémunération ont augmenté, ce qui favorise l'épargne
  • Les ménages français connaissent un taux d'endettement record de 71,6% de leurs revenus
  • Les prix dans l'immobilier - neuf comme ancien - ont largement augmenté ces dernières années
  • Les organismes de crédit ont mis un frein à leur course pour la compétitivité, résultat : ils ont augmenté leurs taux

La crise des subprimes a seulement accentué cette tendance en poussant les banques et organismes de crédits à durcir les conditions d'accès au crédit immobilier pour l'année 2008. Malgré cela la demande de crédit émise par les ménages est en constante progression. En 2007, 10 millions de crédits immobilier leurs avaient été accordés, soit une hausse de 5,2% avec l'année précédente. Élément surprenant, cette hausse est survenue principalement dans les derniers mois de l'année 2007, avec en toile de fond la première secousse américaine des subprimes. En 2008, selon l'Observatoire des crédits aux ménages, ils seraient 5,9% à vouloir souscrire à un crédit immobilier dans les premiers mois de l'année, contre 4,9% en 2007. Un dynamisme que l'Observatoire crédite aux jeunes : en 2001, les moins de 30 ans obtenant un crédit immobilier représentaient 13,2% du total... en 2007, ils sont 20,3%. Une indication à la hausse, donc, à mettre entre parenthèses : l'humeur bancaire demeurant incertaine face aux différentes actualités internationales et à la rumeur pressante d'une récession économique sévère aux Etats-Unis.

Tendance des prix immobilier : à la baisse

Comme le disent très bien les économistes : « sur un marché, une valeur augmente ou baisse, elle n'atterrit pas ». Après des années d'augmentation, les prix de l'immobilier mettent cet adage à rude épreuve : entre 1997 et 2007 la hausse des prix mesurée est de 143%. À la lecture des analystes financiers, la tendance à la baisse est formelle : Empruntis anticipait une baisse de 3% il y a tout juste un mois, aujourd'hui c'est le site Meilleurtaux.com qui fait part de son estimation ; de 3% à 4% en 2008.

Une initiative d'aide à l'accès à la propriété mal entendue

La déductibilité des intérêts d'emprunts n'a pas suscité l'engouement souhaité par le gouvernement. Cette mesure permet aux personnes ayant signé un acte d'achat après le 6 mai 2007 pour une résidence principale de déduire 40% du montant des intérêts la première année et 20% pour les quatre années suivantes, dans une limite de 750 euros par an pour une personne seule, 1500 pour un couple. Cette initiative concerne également les plus pauvres, puisque les personnes non imposables recevront un chèque du Trésor Public en guise de compensation. Interrogés à ce sujet par MeilleurTaux.com, 125 ménages prêts à souscrire à un crédit immobilier ont quasi-unanimement déclaré ne pas avoir connaissance de ce calcul fiscal, qui pourrait représenter une économie de l'ordre de 4% à 4,5% de l'ensemble du crédit. Voir notre article : Immobilier 2008 : le point d'Avril, bilan annuel des notaires et prix réel de l'immobilier

Sources : les Échos, Observatoire de l'endettement des ménages

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