Autant pour les emprunteurs que pour les sociétés de crédit, les situations de surendettement et les drames qui en découlent, sont à éviter absolument... Beaucoup de pays, en Europe et ailleurs en font actuellement l'amère expérience ! Et face au grand nombre de particuliers connaissant ce phénomène, a été retenue dans le cadre de la loi Lagarde l’idée d’un fichier regroupant tous les souscripteurs, afin de donner aux organismes de crédit « une meilleure information sur la solvabilité des emprunteurs », selon les propres termes de François Baroin.
Ce fichier est appelé "fichier positif du crédit" en réponse au FICP (fichier des incidents de paiement de crédit aux particuliers), qui répertorie ceux qui, au moins une fois, n’ont pu s’acquitter de leur remboursement. Le nouveau ministre de l'économie a pris connaissance du rapport du Comité Consultatif du Secteur Financier, créé pour l’occasion, et lance maintenant officiellement une consultation publique pour les modalités du futur fichier…qui concernera plus de 25 millions de personnes, et 900 000 ménages !
Ce principe de "fichage" a été adopté par d’autre pays européens, mais passe mal en France, notamment auprès de certaines associations de consommateurs. Elles craignent en effet, malgré la présence d’un membre de la CNIL dans le Comité Consultatif, d’une utilisation dévoyée des données personnelles des souscripteurs. Qu’elles soient par exemple vendues à des sociétés "tiers", à des fins publicitaires... Mais à priori, ça n’est qu’au moment de souscrire à un crédit que les banques pourront accéder à la fiche de l’emprunteur. D’autre part, l’UFC-Que Choisir craint que les contrats de cartes fidélité des enseignes soient comptabilisés comme crédits eux aussi, dans le cadre du calcul d’un possible surendettement.
Quant aux banques, elles devront aussi ajuster leurs offres en cas de risque de surendettement, après cette consultation obligatoire. Souvent accusées, par leurs taux de remboursement, de provoquer des situations de surendettement, elles restent elles aussi prudentes. SI elles saluent l'initiative, elles ont peur du coût de la mise en place de ce fichier, qui oscillera entre 500 et 800 millions d'euros. Le débat est en tout cas lancé, et il se clôturera précisément le 15 septembre.
(Source : La Croix)